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L'Editorial du Président,n°49

Par Daniel Poisson - Le Jeudi 24 Juin 2021

Image de l'éditorial

Editorial du Président, n°49

 

Quel roman que sa vie !

 

Le samedi 5 mai 1821, sur ce rocher perdu dans l'immensité de l'Océan, après une matinée brumeuse, un timide soleil paraît. L'Empereur, souffrant, a encore un peu de forces pour prononcer  ces paroles immortelles "France, tête d'armée, Joséphine" ou  "Mon fils, la tête de l'armée, France". Le soleil  va se coucher. Il expire à 17h49.                  Dans ce présent numéro, plusieurs articles témoignent de notre volonté de rappeler la fin du Grand Homme, celui qui est encore, de nos jours, le plus connu au monde, après Jésus-Christ.

Nous avons tous lu ou vu, ici ou là, tellement d'écrits de production inégale, de déclarations particulières, que nous n'ajouterions rien à tout cela, sachant que pour notre plus grand bonheur, des historiens sérieux et connus ont eu la sagesse de consacrer du temps à réfléchir et à s'exprimer sur le sujet. Nous leur en sommes reconnaissants. Napoléon a façonné, dans son exil, son image pour la postérité. "Il ne  se juge pas, il se raconte".

Lui, le génial général, le consul pacificateur, le prodigieux législateur, cet incomparable génie civil et militaire, nous a légué  un héritage dont bon nombre de Français ne sont pas en mesure de réaliser  ou d'en mesurer la portée.                                                                                     Pour le 200e anniversaire de la naissance de Napoléon, le président Georges Pompidou, qui venait de succéder au Général De Gaulle, avait rendu un hommage de haute tenue, et ce, en présence du prince Napoléon, des autorités civiles et mlitaires et de la population ajaccienne.                                                                                                Il me semblait bon  d'en rappeler les principaux passages : "Est-il nécessaire de rappeler comment le Premier Consul, puis, l'Empereur, a, de ses mains, pétri littéralement notre pays et nous a légué une nation où tout porte encore sa marque.

Napoléon a installé l'autorité de l'Etat. En quelques années, presque quelques mois, le Premier Consul crée l'Etat français moderne. C'est à la tête, un ministère fortement  concentré, assisté du Conseil d'Etat, c'est,dans les départements, l'institution des préfets, c'est l'organisation de l'armée et de la conscription, c'est la création de la Banque de France  et l'installation du franc germinal".

Ce sera la Cour des Comptes, et au cours des années, la mise en place d'une administration solide à l'échelon central et local. C'est l'institution de la Légion d'Honneur pour récompenser la valeur militaire, ainsi que les mérites civils. C'est la création de l'Université Impériale, conçue comme un corps destiné à répondre à l'institution et à donner  à tous les jeunes Français une formation intellectuelle commune au service de la Nation.

Toutes ces institutions, qui jaillissent du cerveau Napoléon Bonaparte, ont traversé le 19eme siècle presque sans changement, et , aujourd'hui encore demeurent pour l'essentiel. 

Centralisateur, Unificateur, Napoléon est aussi réconciliateur. Il l'est par le Concordat, ainsi que pour les confessions protestantes ou israélites. Ses prodigieuses premières campagnes ont révélé son génie. De Brienne, disait-il, "J'avais l'instinct que   ma volonté devait l'emporter sur celle des autres.  Alors naquit la première étincelle de la haute ambition"..

C'est avec la France  et les Français qu'il conduira sa grande aventure. C'est bien à tort que l'on reproche à Napoléon l'esprit de conquête. La suprématie maritime acquise par l'Angleterre condamnait littérallement l'Empereur à attaquer et vaincre sans cesse. Car il appartient à un grand homme d'avoir une grande fin et il n'en n'est pas de plus grande que le malheur..

Le général De Gaulle, quant à lui, avait une certaine idée de la grandeur de la France. Il confiait à Malraux, qui sera un peu son Las Cases à propos de l'Empereur :"Pour la France, il devait exister.  Ne marchander pas la grandeur. Mais voyez comme les défaites ont peu atteint la gloire de Napoléon. Voyez la force de son nom, pas seulement pour les Français. Il remue les âmes. Vous connaissez son tombeau. Où avons-nous vu la foule sentir le frisson de la grandeur  ?

Assurément, tant qu'une oeuvre  dure tant et porte tant de fruits elle porte en soi sa justification.                                                                       Pour mémoire, le 12 juillet 1880, l'Impératrice Eugénie, née un 5 mai, se rendit sur la tombe de l'Empereur à Sainte-Hélène.

Avec ce présent bulletin, nous avons voulu renouer avec vous, dans  cette période incertaine que nous espérons bientôt oubliée pour nous retrouver à nouveau.

   Enfin, qu'il me soit permis de saluer et de remercier    bien chaleureusement Michel Dancoisne-Martineau, Consul Honoraire de France, Directeur des Domaines Nationaux de Sainte-Hélène pour l'organisation de ces journées du souvenir et le dépôt  des "Immortelles", dont celle de  notre association,  sur la tombe de l'Empereur.

Daniel Poisson